
Guide du collectionneur sur la mine dâImiter, Maroc : sa gĂ©ologie, son histoire miniĂšre et les minĂ©raux remarquables, illustrĂ© par les 228 spĂ©cimens documentĂ©s provenant de cette localitĂ© sur EarthWonders.
Key facts
Imiter est lâune des localitĂ©s argentifĂšres modernes classiques : une mine dâAg-Hg en activitĂ© sur le flanc nord du Jbel Saghro dans lâest de lâAnti-Atlas, oĂč des schistes noirs nĂ©oproterozoĂŻques, des greywackes, des roches volcaniques, des failles et un magmatisme felsique tardif se sont combinĂ©s pour former un systĂšme argentifĂšre de rang mondial. Pour les collectionneurs, son importance repose sur deux rĂ©putations qui se chevauchent. La premiĂšre est Ă©conomique et gĂ©ologique : Imiter est un immense gisement dâargent Ă©pithermal prĂ©-Cambrien, cĂ©lĂšbre pour lâargent natif et la minĂ©ralisation argent-mĂ©tal que pour les minerais dâargent-porteurs de galĂšne plus usuels. La seconde est axĂ©e sur les spĂ©cimens : il a produit certains des meilleurs paramorphes acanthite modernes aprĂšs lâargentite, des argent natif filiformes et arborescents, de fines proustites rouge rubis, et une suite inhabituellement riche de sulfosilicates dâargent et de espĂšces Ag-Hg.
Lâapparence des spĂ©cimens dâImiter est immĂ©diatement reconnaissable. Les meilleures acanthites vont du noir charbon au gris mĂ©tallique, cristaux sculpturaux pseudo-octaĂ©driques et groupes de cristaux, souvent avec la forme dâargentite Ă haute tempĂ©rature conservĂ©e comme acanthite. Les spĂ©cimens dâargent vont de nids Ă©pais et tourbillonnants de fils brillants sâĂ©levant du noir acanthite Ă des nebulositĂ©s arborescentes et des masses mĂ©talliques exposĂ©es dans le gangue carbonatĂ©. Proustite apporte la note de couleur opposĂ©e : crystals dâun rouge foncĂ© Ă rouge sang, brillants, dissĂ©minĂ©s dans des vugs avec du quartz, de lâargentite, de lâimiterite, de la xanthocĂŽnite, du polybasite, de la galĂšne, de la calcite ou de la sidĂ©rite. MĂȘme la matrice fait partie de lâidentitĂ© visuelle de la localitĂ© : schiste noir, quartz vuggy, dolomite rose, calcite et minerai riche en sulfures densĂ©ment prĂ©sent.
Vue Régionale
Vue par Pays
La signification scientifique dâImiter est tout aussi forte que sa rĂ©putation de spĂ©cimens. Des travaux de Cheilletz, Levresse, Gasquet et collaborateurs ont Ă©tabli le gisement comme un systĂšme Ă©pithermal prĂ©cieux NĂ©oproterozoĂŻque, gĂ©nĂ©tiquement liĂ© Ă un volcanisme felsique tardif datĂ© vers 550 Ma et localisĂ© par un important couloir de failles EST-OUEST Ă ENE-WSW. Cela fait dâImiter non seulement une mine dâargent prolifique, mais un point de rĂ©fĂ©rence clĂ© pour comprendre comment les systĂšmes de mĂ©taux prĂ©cieux de type Ă©pithermal ont opĂ©rĂ© prĂšs de la transition prĂ©-Cambrien-Cambrien.

Photo: Wikimedia Commons

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La mine d'Imiter se situe prĂšs du village d'Imiter, entre Boumalne DadĂšs et Tinghir, dans la partie Jbel Saghro de l'Anti-Atlas oriental. Le district est Ă©levĂ©, sec et austĂšre, autour de 1500-1600 m d'altitude, et la mine se tient dans un intrus prĂ©-Cambrian oĂč des schistes noirs plus anciens et des greywoackes sont recouverts par des roches volcaniques et volcanoclastiques du NĂ©oproterozoĂŻque tardif du Groupe d'Ouarzazate. La minĂ©ralisation argentifĂšre n'est pas une simple histoire de veine dans une roche unique. Elle est contrĂŽlĂ©e par un long corridor de failles le long du contact entre le complexe sĂ©dimentaire infĂ©rieur et le complexe volcanique supĂ©rieur, avec des tongues de minerai dĂ©veloppĂ©es dans des veines escarpĂ©es, des structures plus plates, des brĂšches, des stockworks et des zones de cisaillement rĂ©activĂ©es.
Géologiquement, Imiter est mieux traité comme un systÚme géant de veine épithermale Ag-Hg et de brÚches. La principale étape argentifÚre est associée à la gangue de quartz, adularie et carbonate, en particulier dolomite rose, et à des phases porteuses d'argent telles que l'alliage Ag-Hg, l'argent natif, l'argent argentifé-acanthite, la proustite-pyrargyrite, le polybasite-pearceite, les minéraux du groupe Freibergite/tetrahedrite-tennantite, imiterite, galÚne, sphalérite, chalcopyrite, arsenopyrite et pyrite. Plus tard, des altérations ont dissous le carbonate par endroits, ouvert des cavités, laissé des oxides de fer terreux et enrichi localement l'argent natif. Cette histoire explique pourquoi les collectionneurs voient à la fois des spécimens de sulfures et de sulfosels présentant un aspect primaire et des exemplaires d'argent natif secondaire fortement exposés.
Le vocabulaire structurel de la mine est important pour comprendre les étiquettes des spécimens et les notes anciennes de collection. Des publications décrivent le corridor de failles d'Imiter comme un systÚme d'E-O à ENE-WSW avec des relais N060-N070°E et des géométries de traction. Dans les galeries souterraines, Imiter I comprend des structures telles que F0, F0 nord et F0 sud, tandis qu'Imiter II comprend R6, R7 et B3. Les structures les plus riches en minéralisation ont été reliées à une étape précoce quartz ± dolomite dans des relais transpressifs ; une réouverture ultérieure riche en dolomite était répandue mais d'une importance économique moindre. Ces structures nommées apparaissent rarement sur les étiquettes de spécimens, mais elles expliquent pourquoi différentes piÚces d'Imiter peuvent paraßtre si différentes : des amas d'acanthite noire dense, des fils d'argent dans le carbonate, des minéraux d'argent rouge dans les cavités quartzeuses, et des phases Ag-Hg plus rares provenaient toutes d'un systÚme de minerai compartimenté structurellement plutÎt que d'une poche unique uniforme.
Lâexploitation Ă Imiter est inhabituellement profonde dans lâhistoire. Des preuves Ă©crites et archĂ©ologiques lient lâexploitation de lâargent dans le district Ă une activitĂ© du haut Moyen Ăge, avec des rĂ©fĂ©rences vers 840 aprĂšs J.-C. et dâimportants travaux entre le 7e et le 9e siĂšcle. Les premiers mineurs ont probablement travaillĂ© les zones supĂ©rieures les plus riches oĂč des plaques dâargent natif Ă©taient visibles, sâarrĂȘtant lorsque lâafflux dâeau Ă la nappe phrĂ©atique rendit lâexploitation impraticable. Les vestiges archĂ©ologiques enregistrĂ©s des anciens travaux incluent des creusets, des meules en granite, des ciseaux, de la poterie, des os humains, dâimmenses dĂ©pĂŽts antiques et lâexcavation remarquable connue sous le nom de la « carriĂšre des anciens ».
Lâhistoire de la mine moderne commença en 1951 avec prospection aĂ©rienne. La SociĂ©tĂ© MiniĂšre de lâAtlas Marocain, liĂ©e Ă Peñarroya, explorit de 1951 Ă 1956, et la BRPM reprit ensuite les travaux. Un Ă©pisode rĂ©vĂ©lateur survint en 1963, lorsque le forage Ă la colline B3 coupa du minerai affichant 5150 g/t dâAg, mais lâexploration fut abandonnĂ©e parce que le gisement fut mal interprĂ©tĂ© comme un corps de cimentation superficiel supergĂ©en sans avenir profond. En mĂȘme temps, les anciens dĂ©pĂŽts furent estimĂ©s Ă environ 650 000 tonnes moyennant 300 g/t dâAg, suffisants pour justifier un nouveau traitement. La SociĂ©tĂ© MĂ©tallurgique dâImiter, SMI, fut créée en 1969 pour exploiter les dĂ©pĂŽts antiques porteurs dâargent, et des explorations ultĂ©rieures rĂ©vĂ©lĂšrent les gisements plus profonds Imiter I et Imiter II. Lâexploitation souterraine suivit Ă la fin des annĂ©es 1970; des extensions et dĂ©couvertes ultĂ©rieures inclurent Imiter II en 1995, lâacquisition dâIgoudrane en 1998 et sa mise en production dans le secteur Imiter Est, les rĂ©serves dâImiter Sud dans les annĂ©es 2000, de nouveaux puits et des extensions dâusine de traitement sous Managem.
Les collectionneurs devraient comprendre quâImiter est une mine industrielle active, et non une localitĂ© de collection occasionnelle. Les spĂ©cimens modernes ont gĂ©nĂ©ralement atteint le marchĂ© par la production miniĂšre, les rĂ©seaux minĂ©raux marocains, des lots de nĂ©gociants, des collections plus anciennes et des trouvailles notables occasionnelles, et non par une collecte publique ouverte dans le terrain. LâaccĂšs aux travaux, aux dĂ©pĂŽts et Ă lâinfrastructure miniĂšre est contrĂŽlĂ©, et les rĂ©alitĂ©s dâune opĂ©ration argentifĂšre en activitĂ© signifient que les opportunitĂ©s de collection sont opportunistes et dĂ©pendent de lâexploitation miniĂšre, du tri, du prĂ©paratif et des autorisations locales.
Plusieurs trouvailles font dĂ©sormais partie du folklore du collectionneur liĂ© Ă la mine. Le milieu des annĂ©es 2000 a produit des formes acanthites octaĂ©driques acĂ©rĂ©es qui ont transformĂ© Imiter en lâune des localitĂ©s modernes dâacanthite les plus importantes au monde. Une trouvaille de 2005 a fourni bon nombre des cristaux nets, pseudo-octaĂ©driques, maintenant vus dans les collections, et le matĂ©riel de 2008 est devenu particuliĂšrement associĂ© Ă de fins fils dâargent sur lâacantite. De beaux spĂ©cimens de proustite sont apparus plus sporadiquement; les piĂšces de qualitĂ© ont tendance Ă ĂȘtre creuses et sont prisĂ©es lorsque les cristaux rouges sont libres et brillants, et non de simples grains Ă©pars minuscules. Quelques spĂ©cimens de la fin des annĂ©es 2010 combinaient proustite avec argent, acanthite et quartz dans des vugs exceptionnellement ouverts, y compris des exemples oĂč des fils dâargent Ă©taient revĂȘtus ou accompagnĂ©s de proustite rouge.
Lâimiter acanthite est lâespĂšce par laquelle de nombreux collectionneurs reconnaissent dâabord la localitĂ© : cristaux noirs Ă gris acier, mĂ©talliques, pseudo-octaĂ©driques, qui conservent couramment lâallure argentite cubique sous forme dâacantite Ă basse tempĂ©rature, les cristaux individuels allant de petites piĂšces jusquâĂ des piĂšces robustes mesurant quelques centimĂštres et, dans des examples exceptionnels, des groupes sculpturaux de taille cabinet. Le matĂ©riel classique des dĂ©couvertes de 2005 et 2008 peut apparaĂźtre sous forme dâun seul octaĂšdre net, de cristaux Ă croissance parallĂšle composĂ©s, de grappes tridimensionnelles empilĂ©es, ou de matrice dâacanthite noire portant des fils argentĂ©s natifs brillants ; la calcite, le quartz, la dolomite, la proustite, le xanthocĂŽnite, lâimitĂ©rite, la galĂšne et le polybasite peuvent ĂȘtre des associĂ©es possibles. Les plus fins acanthites dâimitator sont jugĂ©s sur la nettetĂ© de la forme argentite dâorigine, la brillance mĂ©tallique, lâisolement des cristaux, lâabsence de meurtrissures et lâĂ©quilibre sculptural ; les piĂšces ordinaires sont plus ternes, massives, incomplĂštes, ou manquent de la gĂ©omĂ©trie nette pseudo-octaĂ©drique qui a rendu la mine cĂ©lĂšbre.
Lâargent natif dâImiter apparaĂźt sous forme de fils, de boucles, dâĂ©clats arborescents, de plaques, de masses et de minerai riche en amalgame Ag-Hg, et la localitĂ© est remarquable car lâargent y a Ă©tĂ© extrait comme argent natif et comme amalgame plutĂŽt que comme simple sous-produit enfermĂ© dans le minerai de plomb. Les piĂšces collectionnables prĂ©sentent le plus souvent un argent mĂ©tallique brillant Ă terni qui jaillit de lâacathite, de la quartz, de la calcite ou de la dolomite, les spĂ©cimens les plus spectaculaires affichant des nids de fils emmĂȘlĂ©s sur acanthite noire ou de lâargent se dĂ©gageant de gangue carbonatĂ©e ; les comptes rendus publiĂ©s du minerai dĂ©crivent de grandes plaques dâargent natif provenant de la mine, bien au-delĂ de lâĂ©chelle des spĂ©cimens. De bons exemples pour collectionneurs prĂ©sentent un fort contraste, des fils ou plaques dâapparence naturelle, une fixation solide et un minime Ă©crasement ; des piĂšces plus faibles ne sont que des fragments de minerai riches, des curiositĂ©s gravĂ©es acides sans forme, ou des masses denses avec peu de caractĂšre dâexposition.
Imiter proustite est l'accent rouge majeur de la mine, apparaissant sous forme de cristaux et groupes de cristaux dâun rouge cerise foncĂ© Ă rouge sang, lustre brillant dans les cavitĂ©s ou sur une matrice riche en sulïŹdes, gĂ©nĂ©ralement avec xanthoconite, acanthite, imiterite, quartz, galĂšne, pyrargyrite, polybasite, fettĂ©lite, calcite, siderite, chalcopyrite et argent natif. La plupart des cristaux sont petits Ă miniatures, mais les spĂ©cimens fins peuvent prĂ©senter une rĂ©partition riche sur un Ă©chantillon de main ou des cristaux individuels nets assez grands pour afficher la lueur rubis-argent sous un Ă©clairage soigneux; certains imiter proustite sont rapportĂ©s comme contenant Sb, reflĂ©tant le voisinage chimique proustite-pyrargyrite dans le minerai. Les meilleurs morceaux prĂ©sentent des cristaux rouges brillants, translucides Ă gemme, non piĂ©tinĂ©s et se tenant libres dans une cavitĂ© protĂ©gĂ©e, idĂ©alement avec un contraste attrayant en acanthite noire ou en quartz pĂąle; les exemples ordinaires sont du matĂ©riel micromontĂ©, assombri, meurtri ou visuellement perdu sur une matrice sombre.
Ă Imiter, « argentite » sur les Ă©tiquettes pointe gĂ©nĂ©ralement vers la forme de lâAg2S cubique Ă haute tempĂ©rature dont la morphologie extĂ©rieure octaĂ©drique ou cubique a Ă©tĂ© prĂ©servĂ©e aprĂšs inversion vers lâacantite monoclinique; Ă tempĂ©rature ambiante, lâĂ©chantillon du collectionneur est une acanthite conservant lâhabitus argentite plutĂŽt que lâargentite stable au sens Structural strict. Les cristaux pseudo-octaĂ©driques cĂ©lĂšbres de la mine, en particulier ceux des trouvailles du milieu des annĂ©es 2000, reprĂ©sentent lâexpression pratique de cette relation argentite-acanthite, et ils peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă lâargent natif, calcite, quartz, dolomite, proustite, polybasite et galĂšne. Les meilleurs exemplaires sont des paramorphes propres, mĂ©talliques, intacts avec une gĂ©omĂ©trie octaĂ©drique lisible et une bonne composition en trois dimensions; les piĂšces vendues simplement comme « argentite » sans clarification mĂ©ritent un Ă©tiquetage soignĂ©, car le nom dâĂ©chantillon scientifiquement exact est gĂ©nĂ©ralement acanthite aprĂšs argentite ou paramorphe dâacanthite aprĂšs argentite.
Calcite Ă Imiter nâest pas lâespĂšce phare, mais elle est une gangue importante et une compagne de spĂ©cimen dans lâassemblage dâargent, apparaissant sous forme de matrice carbonate pĂąle, de petits cristaux et de remplissages de cavitĂ©s avec argent, acanthite, proustite, imiterite et dâautres sulfures et sulfosels. Pour les collectionneurs, sa valeur est gĂ©nĂ©ralement contextuelle plutĂŽt que comme localitĂ© autonome de calcite: la calcite peut encadrer des fils dâargent natif, contraster avec la noirceur de lâacanthite, ou prĂ©server des croissances dĂ©licates dâargent jusquâĂ ce que la prĂ©paration les expose. Les meilleurs morceaux portant de la calcite dâImiter sont ceux oĂč le carbonate offre un contraste net sans submerger les minĂ©raux argentifs; les exemples routiniers sont des carbonates massifs ou gravĂ©s avec peu de sulfures, et les piĂšces sur-traitĂ©es peuvent faire disparaĂźtre la texture naturelle de la poche qui raconte lâhistoire de la cavitĂ© dâorigine.
Outre les cinq espĂšces prĂ©sentĂ©es, Imiter est particuliĂšrement important pour lâimiterite, Ag2HgS2, le sulfure Ag-Hg nommĂ© dâaprĂšs la mine et documentĂ© comme espĂšce type-localitĂ©. Lâimiterite se produit avec des minĂ©raux tels que la chalcopyrite, la sphalĂ©rite, lâacanthite, la polybasite, la galĂšne, lâarsĂ©nopyrite, la proustite, la dolomite, la calcite, la cinabre et le xanthoconite, et de bons cristaux sont significatifs mĂȘme lorsquâils sont petits. La mine est Ă©galement connue pour le xanthoconite, la pyrargyrite, la polybasite, les minĂ©raux de la sĂ©rie pearceite, le fettĂ©lite, le cinabre et le metacinnabar, la dyscrasite, la prĂ©sence de argent Ă Kongsbergite, la galĂšne, la sphalĂ©rite, la chalcopyrite, lâarsĂ©nopyrite, la pyrite, la pyrrhotite, la sidĂ©rite, la dolomite, le quartz, lâazurite, la malachite, la smithsonite, lâanglesite, la wulfenite, et une sĂ©rie dâespĂšces rares ou microminĂ©rales qui reflĂšte Ă la fois le systĂšme primaire Ag-Hg-As-Sb-Pb-Zn-Cu et une oxydation ultĂ©rieure.
Les spĂ©cimens imiter sont suffisamment abondants pour ĂȘtre familiers sur le marchĂ©, mais les piĂšces vĂ©ritablement fines sont bien plus rares que ne le suggĂšre le nom de la localitĂ©. Des miniatures dâacinthite ordinaires, de petites micromontures riches en proustite et des fragments de minerai contenant de lâargent apparaissent rĂ©guliĂšrement; des paramorphes nets et intacts dâacinthite aprĂšs argentite, des piĂšces argentĂ©es bien composĂ©es sur acanthite et des cavitĂ©s ouvertes avec de la proustite rouge sont beaucoup moins courantes et mĂ©ritent une prime Ă©levĂ©e.
La prĂ©cision de lâĂ©tiquette compte. De nombreuses acanthites dâImiter ont longtemps Ă©tĂ© vendues comme « argentite », « acanthite ps. argentite », ou « acanthite aprĂšs argentite ». Lâintention du collectionneur est comprĂ©hensible car les cristaux prĂ©servent la morphologie Ă haute tempĂ©rature de lâargentite, mais une Ă©tiquette moderne prĂ©cise devrait identifier la spĂ©cimen comme de lâacinthite, souvent avec la note « paramorph aprĂšs argentite » ou « conservant lâallure argentite ». Ce nâest pas du pĂ©dantisme : cela sĂ©pare lâallure visuelle de lâespĂšce minĂ©rale rĂ©elle Ă tempĂ©rature ambiante.
Les spĂ©cimens argentĂ©s mĂ©ritent une inspection attentive de leur prĂ©paration. Certaines argentites dâImiter ont Ă©tĂ© exposĂ©es en dissolvant la matrice calcite ou carbonate, et une prĂ©paration acide judicieuse peut rĂ©vĂ©ler des croissances arboriformes attrayantes qui Ă©taient rĂ©ellement prĂ©sentes dans la roche. Cependant, lâacheteur doit rechercher une divulgation lorsquâun spĂ©cimen a clairement Ă©tĂ© gravĂ©, car le travail acide modifie la surface, enlĂšve le contexte et peut laisser des fils apparaĂźtre comme isolĂ©s de maniĂšre artificielle. Soyez prudent avec une prĂ©sence apparemment abondante de filaments argentĂ©s sur une matrice sulfure noire, surtout si les fils semblent fraĂźchement formĂ©s, faiblement attachĂ©s ou incohĂ©rents avec les surfaces de poche ; du matĂ©riel argent-sulfure chauffĂ© ou autrement manipulĂ© a Ă©tĂ© discutĂ© dans la communautĂ© des collectionneurs, et lâassemblage argent-acinthite dâImiter est exactement le genre de matĂ©riau qui invite à « lâamĂ©lioration ».
Les problĂšmes de condition sont spĂ©cifiques Ă chaque espĂšce. Lâacinthite est tendre et dense ; les pointes et les arĂȘtes se blessent facilement, et les surfaces mĂ©talliques noires prĂ©sentent des frottements, des marques de compression et des dommages de coupe anciens. Les fils dâargent se plient et se cassent, en particulier sur les spĂ©cimens emballĂ©s dans du coton ou manipulĂ©s trop souvent. La proustite est Ă la fois fragile et photosensible : la meilleure couleur rouge doit ĂȘtre protĂ©gĂ©e dâun Ă©clairage dâexposition fort et de la lumiĂšre directe du soleil, et les spĂ©cimens doivent ĂȘtre stockĂ©s ou exposĂ©s sous une lumiĂšre faible et contrĂŽlĂ©e. La proustite fraĂźche peut sâassombrir avec le temps, donc les piĂšces riches et anciennes qui conservent une transluciditĂ© rouge sont particuliĂšrement recherchĂ©es.
La manipulation doit ĂȘtre conservatrice. Lâassemblage dâImiter comprend des phases porte-mercury telles que lâalliage natif dâargent-mercury et lâimiterite, ainsi que des sulfosels et de lâarsĂ©nopĂ©ryrite contenant de lâarsenic. Les spĂ©cimens dâaffichage normaux ne prĂ©sentent pas de danger de manipulation occasionnelle sâils restent intacts, mais Ă©vitez le meulage, la sciage, le nettoyage acide sans expertise, ou la crĂ©ation de poussiĂšre. Lavez-vous les mains aprĂšs avoir manipulĂ© du minerai friable, maintenez les dĂ©bris de micromonture contenus, et ne chauffez pas les spĂ©cimens douteux dâargent-sulfure.
La plus ancienne histoire d'Imiter n'est pas du tout une histoire de poche, mais une histoire de paysage minier. Les premiers travaux suivaient l'argent indigĂšne visible dans la partie supĂ©rieure du gisement, oĂč des plaques de mĂ©tal pouvaient ĂȘtre vues avant que les eaux souterraines n'arrĂȘtent les mineurs. Plus tard, les descriptions archĂ©ologiques se lisent comme un inventaire d'un village industriel disparu : des creusets, des meules en granit, des cisailles, de la poterie, des os humains, des dĂ©charges anciennes et une ancienne excavation spectaculaire connue sous le nom de « carriĂšre des anciens ». L'argent de la mine Ă©tait liĂ© Ă la prospĂ©ritĂ© et aux rĂ©seaux de frappe monĂ©taire du Maroc islamique prĂ©coce, y compris les Ă©changes Idrissides et Abbassides et la pĂ©riode almoravide, lorsque Imiter se situait prĂšs des routes reliant l'Anti-Atlas aux Ă©changes transsahariens.
Imiter moderne a sa propre épisode presque incroyable. En 1963, des forages sur la colline B3 ont coupé une structure produisant 5150 g/t d'argent. Dans de nombreux districts, cela aurait immédiatement déclenché un développement. à Imiter, l'exploration a été abandonnée parce que le gisement a été interprété selon le mauvais modÚle : un systÚme de cimentation superficiel super-génique sans extension de profondeur significative. L'histoire ultérieure de la mine a prouvé le contraire. Ce qui avait été rejeté comme superficiel est devenu l'un des plus grands systÚmes d'argent du monde, exploité en mines à ciel ouvert et en underground, avec du minerai profond, des centres nouvellement découverts et des décennies de production.
Le volet Ă©chantillon a un rythme de collectionneur plus intime. La trouvaille dâacanthite de 2005 a changĂ© la façon dont Imiter apparaissait dans les vitrines. Les marchands ont commencĂ© Ă prĂ©senter des cristaux sombres, mĂ©talliques, pseudo-octaĂ©driques qui ressemblaient Ă des classiques europĂ©ens anciens mais provenaient d'une mine marocaine vivante. Certains Ă©taient des miniatures nettes ; d'autres Ă©taient de petites caisses sculpturales avec plusieurs octaĂšdres empilĂ©s. Quelques collectionneurs et marchands qui voyageaient au Maroc Ă l'Ă©poque ont sĂ©lectionnĂ© parmi les lots prĂ©coces, et ces piĂšces forment aujourd'hui le noyau de nombreux ensembles Imiter haut de gamme.
Puis sont venus les matĂ©riaux argent sur acanthite, y compris les lots de 2008 qui ont produit de denses jets d'argent natif s'Ă©levant du matrice d'acanthite noire. Les meilleurs exemples sont presque théùtraux : des fils brillants se tordant vers le haut comme de l'herbe mĂ©tallique, des volutes Ă la base, du sulfure noir servant de scĂšne naturelle. Ce sont les piĂšces qui ont rendu Imiter familier mĂȘme Ă des collectionneurs qui n'avaient jamais Ă©tudiĂ© les gisements d'Ag-Hg : l'argent qui semblait vivant, mais assis dans une matrice qui l'identifiait sans Ă©quivoque Ă l'une des grandes mines d'argent d'Afrique.
La mine est Ă©galement au cĆur dâune histoire sociale moderne. En aoĂ»t 2011, les habitants dâImider ont escaladĂ© le Mont Alebban et fermĂ© une vanne dâun pipeline dâeau desservant la mine dâargent. Leur camp de protestation, Amussu xf Ubrid n â96, est devenu une occupation de longue durĂ©e sur la montagne, associĂ©e Ă des revendications sur lâĂ©puisement des eaux souterraines, la pollution, les arrestations et le droit du village Ă la terre et Ă lâeau. Le documentaire Amussu prĂ©sente cette lutte Ă travers des chansons, de la poĂ©sie, du théùtre, de lâagriculture et de la protestation, rappelant aux collectionneurs quâune grande localitĂ© nâest pas seulement une source de minĂ©raux. Câest aussi un paysage vivant oĂč gĂ©ologie, industrie, eau et communautĂ© se rencontrent.